L’homme qui se dresse au centre de la place d’où partent des avenues crépusculaires, est-ce l’homme visionnaire des cyclones émergents ? Métamorphose entre les lèvres de la nuit dans un foisonnement d’étincelles, l’âme tressaille, les mots en flux portent le sens du monde en cristal d’archétypes et musique lancée comme un vol de ramiers dans l’ouverture d’augures enchanteurs. Volée de cloches sans faille qui cisèlent un air neuf tel l’écriture du vent sur une stèle dressée entre deux nuages dans l’inconnu de quelques métaphores. Dolente litanie du vent dans les orages discrets de la solitude. Parole d’argile ou d’airain, peu importe pour qui interroge l’autre en lui qui sommeille sous l’emprise de la mort latente, le cœur obscur autant que solaire. Coraux tremblants dans les abîmes, chœur céleste sur les flots, héliotrope écarlate, géranium sauvage sur un fil joyeusement panique clamant l’insurrection des corps. Tu nais à l’instant, tu apostrophes le néant dans la galerie des arts inconnus, une main dressée au ciel énigmatique dont l’aimantation rend dérisoires les murs. Frisson d’une intimité en douceur d’ouate à la fenêtre où s’exaltent des amours lunaires à l’écoute des antipodes, le vent effrange l’automne, l’oiseau tourne sans fin parmi les nuages désarmés, ô doux dilemme des calendriers !
Le vent sur l’horizon, le vent dans les fenêtres, le vent qui danse dans le pollen des contes. Le dormeur s’éveille, un regard innocent soulève une persienne sur l’éclat du monde et l’écran des comédies insipides se déchire dans le terrain vague, lueur flexible au travers de l’œil. Murmure de création d’un monde sur les marches du seuil. Une main docile s’avance dans le blé en herbe, délie la frontière des saisons étroites, se pose sur la pierre aux bornes de la délivrance. Pourquoi n’être pas un arbre ou l’oiseau dériveur délivré de la pesanteur ? (Un miracle est toujours possible). Une main luminescente garde le secret de l’heure inaltérée dans l’ombre où sur la neige bleue s’étend le glissement de la nuit. Ironie et tristesse sont amantes solennelles, rideaux du ciel tirés sur les syntagmes inutiles à l’intérieur de nos paupières où palpitent les couleurs. Onguents de la béatitude, intuition d’un miracle sans clef, étincelle, rire immense, ferveur de l’océan, le pain, le miel, la main légère d’un dieu, glissement du jour sur les paupières, orient du bon-heur improbable sur les pierres ou dans les tourbières pour un dernier poème qui témoigne d’un instant démesuré en arrachant des lambeaux de chair aux griffes de la mort.
L’énigme a des saveurs de clavecin dans un paysage corrompu par l’absence alors que les nombres de l’amour chuchotent dans l’attente d’une foudre qui viendrait sur la porcelaine des jours. Eveil de nouveaux signes en insoumission pour un défi au ciel sauvage en éloge de la terre jonchée de présence, fleurs ardentes sous le noroît qui survient comme une main soulève le rideau de l’oubli. Beauté du rêve, lendemains qui dansent sur des falaises bleues comme les yeux de la gardienne des chimères dont les seins de corail sont providence d’un buisson ardent sur le calendrier de la solitude où s’invente le jeu aléatoire de la naissance d’un monde. Oiseau dans l’aube secrète argentée, syllabes oscillantes, la mémoire prend congé des nuages qui tournoient sur les hommes perdus dans une douleur fossile ; oiseau sanglant peut-être dont la blessure est espérance ou bien silence qui se love où l’audace du givre est l’irréductible évidence. Peu importe alors la patience des sentinelles qui arpentent le dallage du quai dans la brume puisqu’une aventure sans remords enterre le doute, ouvre la plaine, outrepasse les collines. Et vous, grandes solitudes, goûtez à la douceur de vivre comme grands oiseaux nourris de vent !
Façonnées les armes du rêve dans l’abîme qui sépare le de-dans du dehors et s’exhale du roc la flamme anciennement pétrifiée, mais quelle algèbre met le feu à ce dernier phénix qui s’élève dans les plis de l’ombre où se brisent les vagues de la peur ? Des épaules de nacre témoignent de la vérité d’une philosophie décisive selon laquelle toute merveille est claire comme l’image d’une éclipse aux yeux grand ouverts par l’aura d’une labradorite conjuratoire ou l’effacement d’un ibis dans l’obliquité des signaux de l’hermine cabalistique. Esclarmonde est de retour, son cœur a la profondeur de l’ombre, source étrangère à l’aplomb de la nuit, effigie discursive à l’abandon du zodiaque, allégresse syllabaire et quête du feu qui mûrit sous les ponts ou sur les chemins que prennent les oiseaux quand le vent chasse les nuées de la mémoire. L’abîme en nous se creuse dans le labyrinthe, amour implacable, soleil qui foudroie notre insignifiance entre l’herbe et la foudre des matins insurgés, chanson secrète, souvenirs sans épines dans le lit de la perdition, l’enfance en essaim d’imprévu, braises dans la mémoire, romance des moissons à venir, mais pourquoi tel écho dans l’épuisement des sortilèges ?
Souvenirs ou mirages, retour éternel de volupté voguant parmi les yeux, les lèvres, papillon scintillant tel un adage sans calcul, constellation blessée, balbutiante au plus profond quand s’élague le non-sens et se prépare l’orage d’une allégresse vocale. Longtemps s’attarde la voix entre granit et saule ou telle fumée d’automne sur les buissons où s’écrit le destin en chorégraphie de l’informulé. Raison et folie sont deux sœurs accordées ici où l’insomnie trouble la convenance, langue roulée dans l’abîme, musique égarée dans l’infortune de la chair. La main légère atteste l’obsession nocturne, éprouve la déréliction, messagère impénitente dans la survie candide des mythologies fastidieuses, palimpseste de l’émotion à sans cesse ravauder par un auteur qui brasse des couches d’humus contrarié. La machine d’écriture tire la langue jusqu’à l’expression douloureuse de la parturition dans la nuit où se fera sagesse la brûlure dans la paume sans souci du vide sidéral, quelle que soit la vertu des fenêtres en majestueuse vibration. Confiance malgré les jours perdus de nos Indes fertiles, espaces du rêve dans nos âmes parallèles : tu dis poème et moi je dis questions sur les franges du littoral indécis. Voici cruel le jour en lequel abondent les pensées étoilées dans une folle énonciation.
Les sandales d’Empédocle connaissent le chemin d’une joie éperdue en partage d’une rhapsodie pour qui ne craint pas le gouffre du rêve et s’avance sans connaître le nom de la passa-gère. Qui est-elle sur la ligne solaire ? Qui est-elle, exclue des tavernes de la miséricorde, mais fidèle à l’orage ? Nudité insolente au cœur attisé de la mémoire, rose opiniâtre que se disputent clown et sphinx, tremblement, ressac, légers froissements d’ailes dans une confluence familière nonobstant la voix d’ombre, la lance des questions et l’écriture sans trace des oiseaux portée par les vents océaniques en revendication d’une image inaltérée de l’amour dans la main d’une joueuse funéraire aux aguets sur la passerelle des cruautés. Exigence d’un feu à l’intérieur du souffle hivernal dans le vol improbable surgissant d’un noir minerai ! Chanson d’amertume dans la phosphorescence d’un horizon lointain, splendeur opiniâtre, sereine vigilance dans la cour pavée d’illusions, patience dans la tension de l’oxymore alors que les murs de la compassion s’effritent. Pourtant une loi pure fonde les jours et nous chantons les cimes au couchant, vision sur les pâturages, beauté démesurée dans l’été insondable, orgie de senteurs, zodiaque exalté.
Chercheurs d’agates acharnés à fouailler l’obscur sans souci d’une déréliction, passagers en transhumance, le rire aux lèvres, destinées incontrôlables, fleurs en flammes dans les mains arrachées aux soucis de la terre sans souci du jugement d’un dieu de foudre, pour nous la nuit n’a plus d’étoiles en conjonction hasardeuse. Etrange épiphanie des flots du mercure planétaire. Une ombre rouge s’étend sur les dalles de la quintessence hermétique, musique à jamais déliée dans la quadrature et splendeur miroitante de l’amour dans le mouvement perpétuel de l’indécence du monde. La maison de l’enfance s’inscrit dans une géométrie implicite où sont des mystères anciens tel le feu qui traverse les nuits suspendues au-dessus de l’abîme. Ciel descellé, paupières ouvertes sur des prairies généreuses, une beauté initiale innocente notre désir, le fruit de l’éternité se lève de l’argile étonnée. Musique joyeuse, un dieu chaque jour naît dans un cœur d’enfant, s’inscrit dans le mouvement des astres. Un jour encore se glisse à l’intérieur des mains ouvertes et dans l’émotion se joue l’offrande d’un bouquet d’étoiles. Oh, joie dans la lumière qui descelle la blessure du royaume stérile !
“Homme d’ombrages réversibles et de songes ardents qui cherches ton double entre les lèvres de la nuit., que tes lèvres apprivoisent le chaos ! Ne cherche pas à délier l’obscur en lequel tu n’as pas fini d’errer et chante, chante au jeu du hasard où parlent les ombres.” La parole est indestructible, l’œil et l’oreille tendus aux signes, conscience hors temps, musique et lumière à discrétion, l’œuf-monde encore incréé. Sons aériens sur le mur attentif, vagues enflammées, paupières sur l’or du monde, épiphanie de l’aurore, patience des dunes, ciel insaisissable dans l’air immense, nudité de l’esprit à la source, innocence de la moelle et du sang, ailes incendiées du phénix. Chants du désir dans les hautes sphères, couleur en amplitude du fruit, naissance de la profondeur sous le voile, cinq doigts de Pythagore pour conjurer l’apoplexie solaire. Homme d’ailleurs, enchanteur à la main diamante, annonceur d’arcs-en-ciel, guérisseur d’escarres, fourbisseur de plumes et complice du vent qui porte la lampe à éloigner les hyènes, ton secret a forme de perle dont ton silence est l’écrin qui en protège l’éclat noir.
Demain le cœur vertical hors le désastre des cités révolues, demain l’hiver dans l’aura du Capricorne lèvera une présence inconcevable. Le vent est complice de la foudre dans le jardin profane où l’oiseau solaire couve le diamant de l’alliance du souffle et du sang, pierre augurale des transmutations qui s’annoncent : le soleil là-haut roule son harmonie sauvage, joie précieuse dans le questionnement quand vibre le frisson de ta renaissance dans l’acuité d’une vitre mémorielle, mais prends garde, ambitieux coureur de frivoles espérances, au danger de la sphère didactique ; enjambe sans trébucher or-nières et balises, tes pas écriront dans la neige le poème de ton errance, phrases chaloupées d’une mécanique légendaire, et sur l’ardoise s’effaceront les traces des pensées en démolition. Sereinement la solitude en ce jeu sacré d’éternité fictive, tendresse du paysage, paroles calcinées dans l’ombre fantasmagorique. Seulement un rêve, rosaire pour un oiseau blessé dans les péripéties d’un poème à la dérive, lumière aux racines de l’aube, fluidité somnambule des images dans les steppes où des voix magnétiques tissent le drap du renouveau, ferveur ou célébration bouffonne en présence de hautaines servitudes.
Ta main lance les dés de l’injonction dans les nuits qui tressent l’ombre avec l’or des mers innocentes. Toute réalité s’énonce hors du vertige initial d’un regard qui ne se tient encore d’aucune parole, mais blanche hypostase d’un bivouac inculte tandis que divague l’orgue qui marie les deux hémisphères. Désir de chant plutôt que nostalgie dans le cœur fantasque de celui qui parle d’émergence dans la platitude d’un paysage au basilic phosphorescent ! Mémoire tissant dans les archives une saison d’incendies, voiles vives dans l’embrasement, floraison imminente des volcans imaginaires en logique éclatée comme fruit des fleuves saccagés. Ecume féconde sur la margelle du temps, l’automne sans inquiétude parmi les secrets qui hantent une vie, nostalgie diffuse dans les eaux de l’origine sous un ciel de hasard ; l’automne, ici brûlante, triomphale dans le dilemme des signes contradictoires, vision dans le chaos des ivresses, perspective hallucinée dans l’attente d’une blancheur de silence ou phosphore de la dernière heure, sable insatiable, terre ravagée sous l’emprise d’un oracle anonyme ; l’automne absolu dans l’empire des vocables, la poésie en catastrophe éludée, mais intime exigence d’une solitude.
Lumières timides, musiques inouïes dans l’obscurité, l’œil qui interroge se love, étoile dans l’arbre aux songes où tu écoutes l’oiseau sondeur de l’inépuisable dans le lit des transhumances où flamboient joie et souffrance. Sourire sur la peau des choses, une porte ouverte sur la mer en négation de toutes les palinodies. Une toison d’or brille derrière l’océan, trois chevaux blancs défont les chaînes de la mer dans la louange des ajoncs, l’infini vient mourir incidemment sur la ligne qui relie le mot amour à la grande sagesse des constellations, la liberté s’éveille dans les fourrés de la solitude qui devant l’homme se joue des digues autant que des ornières, ô murmure de la mort qui n’empêche pas de rire ! La lune en rigueur fait tomber la monnaie du ciel au creux de la main et celle qui porte l’infini dans ses sandales se retourne et ton cœur cesse de battre au bord de l’abîme. Et tant de vent sur les épaules du siècle ! Et tant d’amour inemployé !
Ombre sur la plaine, voluptueuse chrysalide sous un ciel rebelle en salve d’oiseaux manieurs de mondes nouveaux pour un homme au plus haut de son cœur qui s’apaise au temps des songes, lichen mémoriel dans l’ombre des arbres, solennelle solitude, le cœur virtuose du hasard sous la vareuse. L’amour à la cantonade crie le nom d’une étoile scintillante dans la clameur sylvestre du dernier jour, une rage d’étoupe file en promesse de l’écume des vendanges. Et tombent les écailles de la peur sur le livre effeuillé en lequel s’efface la part des anges avec le songe de la nuit quand ici commence sur le flanc des terres le sentier qui mène à la demeure où la nuit profonde cautérise les blessures d’un monde mutilé par l’intervention du jouet sombre de la mort (fier est l’homme qui n’a pour mémoire que l’étonnement d’un babil ancien surgi de ses entrailles).. Volupté bleue dans une tendresse d’horoscope avant-coureur d’un soleil étrusque ou maya et dans la mer le corps électrique d’Aphrodite. Révélation de la douceur énigmatique d’un corps dévoilé, Et voici la femme de Loth en robe de sel et voici Lilith au pied de l’échelle de Jacob,
Tandis que sommeille le serpent de l’arbre qui porte les amandes se marient neige et volcan marqués du sceau d’Horus, royal faucon mais aussi bien jaguar, coq ou lézard, pure énergie de la nature, feu blanc du pentagramme dans le roulement des astres. Ici et maintenant l’éternité. Lumière sur la rose héraldique en sa métamorphose, plénitude d’une langue sur le fil du vertige dans la fièvre arbi-traire de la dépossession. Reconnaissance à l’amazone qui tient la foudre au point fort d’une vie oblitérée, cavalière irréfléchie qui porte un diadème solaire et franchit la porte de l’antiquité dans l’éloignement des ombres et la démesure d’un rêve en mystique appétence. Le vent s’enivre de nuages rouges, porphyre pour l’émerveillement d’un sphinx de verticale obédience, sentiments arborescents de la décadence parmi les ruines de l’immortalité, vagues incrédules d’une joie caraïbe ancestrale sous la menace d’un cyclone dans les mille visages de la nuit. L’ardeur du chant est présence orphique, hampe héroïque sur le paysage ouvert à toutes les ambiguïtés du monde.
Solitude enflammée, cyclone assombri de Hölderlin sur le fil de la déraison où se travaillent bois et poèmes, ailes et roues du livre en kabbale apocryphe pour sphinx œdipien, colombe phosphorescente à l’horizon ineffable d’un bateau ivre de brumes électriques à l’heure du cyclone. L’ange déchire une gangue de nuit, la mémoire soulève des linges archaïques, une rumeur marine chante dans l’écume des rêves et le jour qui comble l’abîme en lequel sombrent nos pensées se dévoilera sous l’apostrophe magicienne ! Epiphanie de l’aurore, musique-lumière dans les hautes sphères, sacramentelle allégeance, sourire des nuages sans patrie. Disons, disons, qu’une fièvre éloquente n’a pas fini d’inquiéter la grande rosace où le regard se heurte à l’inconnaissable patience du souffle. Extase sommaire d’un sang fatigué de tant de périples à l’heure d’une éclipse agréée par le sceau d’oiseaux en mal de spectacles irrémédiables; oiseaux, oiseaux sans remords sur les dépouilles de l’archipel, dans les bribes d’une légende ivre de météores hallucinés ou fantasia de tarentules incongrues.
Porte s’entrebâille sur un seuil irréfutable, transparence des murs qu’un oiseau lacère dans un temps sans âge, lumière décisive, un sourire module un chant mélodieux. Soleil noir dans la bouche close encore sur les débris d’une démence rudimentaire, lotus des sept douleurs pour une mythologie de pacotille, apocalypse latente dans le livre des conjurations, poème halluciné dans les archives fantômes où traces en attente sont les hiéroglyphes de la démesure mentale. Rumeur volcanique sous les adrets de la montagne arasée par un dieu vengeur, alors peu importent les détours de l’allégorie puisque ici ne fait sens que le sillon d’une comète en flagrante incidence de la déraison dans un ciel opaque où les mots lèvent une lumière neuve pour une consumation définitive des obstacles, ô rire sur le gouffre des nostalgies, fièvre ombilicale en réquisitoire des inutiles pérégrinations, poumons ouverts pour le profit d’une solitude aurifère. Les nuages se jouent des dépouilles solaires au flanc des montagnes tandis qu’une langue aux accents préraphaélites se perd dans une anthologie de circonstance. Pourtant il suffit d’un regard pour que dans un creuset de cristal l’insouciance de la nuit se change en parole nourrie de raisin noir.
La lune complice dans le corsage de la nuit, idoles démunies à contre-ciel, hermétisme des falaises, un chant de feuilles froissées parmi les rêves, l’enchantement des tragédiennes du large, une rosée nouvelle pour dénouer les contradictions dans les champs de l’enfance. Une voix fertile ne craint pas la faille, Un songe ouvre la mer, hante les navires, légendes fauves dans l’obscur en vue d’un festin limoneux sur l’horizon désœuvré où sombrerait un cœur au sang malhabile dans une nuit taciturne qui n’a cure des chrysanthèmes. O flamme tremblante dans un frémissement de mots sur la mer des langues où perle est l’irréductible de l’être, parole sur l’arête où se lient vie et mort, flamboiement de joie et douleur, torche éclairante et brûlante, néanmoins complice du mystère nocturne et du sang des roses dans le marbre noir du silence ! Musique joyeuse, poème inal-téré, semailles généreuses Là se tient au jeu des courants une agile déraison et le cœur d’obsidienne s’ouvre sur l’insupportable splendeur du sable à l’heure où les loups rôdent parmi les étoiles dans l’espace où parfois nous est donnée la légèreté de quelques plumes prises à l’oiseau qui nous observe.
Semonce ou prophétie, l’obscure incantation qui tisse un chant fragile dans le ciel minéral. Des voix comme l’écho de lointains conflits, nuages bondissant dans le blanc de l’œil, planètes oscillantes, lame lumineuse du jour, fleur sanglante née du cœur d’un démon risible comme la colère des oiseaux perdus qui tournoient sur les tombes d’où jailliront des paroles immortelles. Le rire des jeunes filles soulève les chemises de la nuit, linges de lumière, fleurs inconnues. Dans leurs paumes des oiseaux battent l’air de leur impatience, elles ne craignent pas les tourbillons de la démence, l’enfance inachevée, l’écho d’une subversion des terres dans l’hébétude des hivers. Prodige des métamorphoses, présence incendiaire dans la nuit fertile, signe capable d’engager ou dégager une vie, fraîcheur radiante comme peut luire le couperet d’une alliance de dés sur la route de l’incertitude. Rêve d’écho nomade, saveur de tendre naufrage, un murmure, rien que le souffle qui naît avant même de porter une parole là-bas où les rochers affleurent sans crainte ni désir dans le vif des questions ; un murmure et des mots neufs dans tes poches, dans ta tête, dans tes mains, des mots qui se font ailes et t’emportent loin des terres vaines dans le sourire du jour et la flore incertaine des jachères.
Obscure beauté, digitale archaïque au tréfonds d’un puits imaginaire, poésie sur l’arête de la nuit en flamboiement de langue, racines et louange, luxure temporaire dans l’apothéose selon un projet de sourcier en fureur volcanique. L’éloquence est fatale dans ce domaine de cendres pour qui brûle d’un poème introuvable dans le silence d’une heure adamique confrontée au linceul des beautés dilapidées dans le charroi des saisons (étincelles éphémères sous l’eau noire d’un sommeil fatal ?). Une main s’est posée sur l’alambic équatorial dans le temps d’une chimère fragilisant l’avenir en prose réductible tandis qu’en étrange détour la douleur gouverne la maison de celui qui s’affole de voir désagrégé le mur sur lequel s’affrontent les couleurs de l’arc-en-ciel en guérilla malicieuse du jour et de la nuit. Une faveur de blé mûr dans les beaux yeux de Narcisse au-delà du prestige pathétique dont l’épilogue n’est que halo d’insatisfaction, mais profondeur de l’amour et franchise téméraire de l’oiseau sur le versant des chansons clémentes. Démesure infiniment gracieuse de la foudre qui annonce le retour des dieux dans les espaces de la perdition ; les dieux, tournesols ascendants au revers des eaux profondes. L’horloge affolée se consume sous le regard d’une passante en ses atours de joie insidieuse alors que le poète rompt le pain de la beauté derrière une glace sans tain qu’une fièvre merveilleuse éclaire.
Nos yeux se retournent vers l’intérieur de la nuit, silence noir, le vent sèche ses larmes sur les linges du ciel. Toujours le piège d’une pensée pour qui le soleil ne donne pas la mesure de l’abîme, vieilles cendres ou grelots, poudre à la langue, aux yeux, aux oreilles, bruit d’élytres dans le désert du sens. Désir dans la nuit qui s’avance à pas de colombe, conjure l’épouvante des navires. La mer se déchire, le rire des vagues apostrophe le néant dans l’ambiguïté de l’estran, le temps n’est que l’insistance du ressac en sa fragile patience qui défie les mauvais augures et nous, lèvre close sur un silence délabré dans l’oubli du carnage que fut le premier cri, rétifs dans un crépuscule de fièvre d’hermine et de poussière d’or. Un monde autour de nous palpite dans les brumes où l’encre laisse les traces de ses métaphores au risque des trahisons et de la solitude, mais dans le rire, dans la nudité du cœur, le calme des battements d’un sang rénové, l’oubli de nos errances dans l’improbable certitude qui est destinée de parole, ultime transhumance dans la fragilité d’un iris démuni, cœur déchiré en fumée noire et lumière, souffle tapi sous les ornières d’une enfance éperdue qui se lance à la mer pour qu’en jaillisse l’éclat d’une pierre noire en sacre du lieu comme axe des tournoiements du monde.
Mélancolie mûrie à la levure des jours dans le piège sans rémission, dispersée par le vent, le vent meurtri d’orage et de pierre écroulée sur l’horizon là-bas. Mots sans balises, amants éperdus. Alice l’œil ébloui sur un seuil sans tromperie, ô sœur solaire dans le désarroi des annales ! Sourire dans la ville, perfusion des sentiments, ligne de cœur dans le sable vers les confins pour une vie apocryphe, souffle, notre souffle moins en nuit des temps qu’en lumière généreuse derrière le rideau des brumes. Semence dans les crânes aux charnières du vertige, implacable beauté dans les bosquets du rire, l’océan se joint au volcan, ici se consume notre finitude et la parole trace dans l’obscur, pierre blanche sur la pente de l’énigme où flamme est la beauté du funambule, sondeur de l’inépuisable dansant au bord de l’abîme et qui, la solitude au fond des yeux, accueille l’infini du monde. Parade sur la houle solennelle… et les songes des argonautes sur le front des promesses hasardeuses, souffle noir débusqué entre les lèvres et se lèvent des syllabes généreuses en triomphe d’une chair radieuse sur le balcon des nuits, l’œil et l’oreille tendus aux signes, conscience hors temps, couleur radiante, constellation ignée dans la ferveur d’Orphée, nombre en sésame sur l’espace mental où s’irradient l’image et l’œil en lumière-danse.
Dans un ciel de velours sortilèges de la combustion des mots, ruissellement rituel de l’inattendu, lumière héraldique sur les lèvres ardentes du vertige, cœur flamboyant dans l’euphorie qui apprivoise le chaos, fontaine pour Mélusine improbable, émue du rêve insoumis dans la profondeur d’une nuit en jachère. Luminaires dans les décombres de l’intime, grimoires impassibles dans le désarroi des vocables, signes dilapidés aux points cardinaux ou pensées échappées de quelque armoire close, ainsi est semence à l’horizon la poésie, amarante boréale, rouge vent de l’aube, qui s’insurge dans l’ombre réversible d’un rêve immémorial tel une gemme d’où rayonne un arc-en-ciel taciturne dans la neige incendiée par une prompte démence. Dérive insidieuse dans les champs de la solitude qui tient dans sa paume la pierre noire du temps ou mantra égaré parmi les étoiles qui résistent à toute glose, aurore nue d’un sésame indiscret, allégeance du souffle et paroles dans les arbres comme feuilles ou fleurs en geste désinvolte alors qu’au labyrinthe un homme (de qui est-ce le double ?) écrit en fresque sur les murs l’histoire de l’origine du monde telle que soumise aux aléas de la mémoire. Telle est la beauté du désir, arcane étoilé dans un vent fertile ivre d’augures aléatoires dans l’engrenage de la nuit.
Rideau rouge, soleil nu, soleil d’oracle, s’ouvre l’espace, poussière éblouie sur la chaîne des jours. Le sacre ouvre le mur de notre exil aux rouages du temps. Danse mystérieuse des manieurs de voyelles aux portes du silence, ou frissons d’un langage blessé, chant dans le lierre des passions ou venin noir sur les lèvres. Cadence d’herbe folle, chevauchée de l’altérité dans un arrière-monde de tensions discordantes où la vacuité du jour est fallacieuse contrainte. Et le rire de l’écume jaillit dans la brume de la désillusion en éphémère tournoiement de splendeur dans l’envol d’une moisson de sel. Chemins d’étincelles, filaments de joie, défi sur les décombres et nous bâtissons nos maisons à main nue pour tromper le chaos. La poésie, parole que seule valide l’ombre qui la leste, en feu dans notre cœur ; les dieux anciens, la lune aimante ; confiance en l’oiseau du matin dans l’attente d’un sésame tel qu’Ariane dans un éclair tire le fil rouge du rire orphique. Sourire dans le vasistas. La grâce d’une déesse au carrefour du visible. Le souffle est impalpable. Ici commence la plénitude miroitante du songe dans l’aveuglement d’un théâtre exténué derrière le masque d’un baroque chimérique où chacun dans son cœur arase les angles, ouvre l’armoire des mots éclairés dans les fourrés de la solitude.
Grammaire incendiaire d’une langue minérale, mots glissant sur le sable comme ceux d’un début de monde, lumière insensée au fond du puits en lequel le désespoir est mollusque familier, nuée bleue, amours scintillantes dans les dépouilles du prisme parmi les rêves, les arbres, les étoiles. Mais le silence des pierres et le passage d’une ombre sur la peau des murs où scarifiés sont les signes de l’énigme qui hisse un chant de lumière dans la forêt trouble où notre destinée à jamais scellée dans le marbre noir interroge la main qui écrit dans le soir. Caprices du sable, folie des eaux dormantes, les robes du désir, l’attente, le don du jour, musiques inouïes, le cygne sur la rivière... Une plume pour l’éloge du matin, et se lève un rêve bleu dans la nuit traversée de brouillards éphémères. Mémoire des glaises, odeurs vitales, fierté d’horizons qui osent à peine s’émouvoir du blason d’un soleil couchant, l’homme pourrait d’un geste haler des nuages. Derrière la vitre, oublieux du poids de l’histoire, tant de clarté le transfigure dans l’embrasement de la soli-tude qu’il ne craint pas dans les marges de la nuit le baiser de la foudre quand la maîtresse du rêve dit son nom comme on enlève une robe (sa voix est la plus belle des coïncidences). Miroir fracassé, rire joyeux qui n’en finit pas d’éteindre la fièvre de quelques vérités indémontrables.
La rose comme un air de jeunesse, le sang qui nourrit la terre, l’argile ébouriffée, l’érable et tant de venins et miels qui marient l’os et le souffle, légendes aux carrefours, pierres levées dans l’étrange nudité des landes et tant de promesses sous les racines de l’oubli ! Aube indécise dans l’emprise d’une obscénité souterraine, l’élégie orpheline est gorgée d’une pluie grise, mais vivre est l’infini tremblement d’un cœur, chimère aux vents de l’aventure à la rencontre d’une planète impassible, rumeur latente à greffer sur un visage vertical aux confins des âges décrispés, mystérieux paysage dans une fumée légère qui s’évade de fenêtres nostalgiques, neurones au bord du vide dans la transcendantale gymnopédie d’un Satie opalescent ou la chanson oblique d’un Apollinaire égaré dans un tintamarre de locomotives (désinvolture confiante dans le labyrinthe). Non, ce n’est pas hors du temps que les violons inconsolés ont des tristesses périphériques dans l’opaque indifférence du hasard. Frisson antique au seuil d’un océan rhapsodique, mémoire chancelante d’un harmonica suranné, la profondeur d’un cri fissure la muraille avec élan de voyelles insurgées, vol d’aube dans la lumière des amandiers et rire dans la brûlure du corps insatiable, ô sensation exquise dans l’égarement des ordalies !